Une maison d’assistantes maternelles réunit dans un même local de 1 à 6 assistantes maternelles agréées, dont 4 au plus accueillent en même temps, pour 20 enfants au maximum, dont 16 de moins de 3 ans. Ce n’est pas une crèche : chaque enfant garde une assistante maternelle référente, celle que ses parents emploient. Les autres peuvent la relayer par délégation, dans les limites de leur agrément.
Ce qu’est une maison d’assistante maternelle, ce qui la sépare d’une crèche et de l’accueil à domicile, puis ce que vit l’enfant et ce qui se regarde à la visite.
Ce qu’est une MAM, et ce qu’elle n’est pas
Une maison d’assistants maternels, ou MAM, est un local où des assistantes maternelles agréées exercent ensemble, hors de leur domicile et de celui des enfants. Le dispositif existe depuis 2010, et le guide ministériel publié en février 2026 en fixe les repères à jour.
Chaque assistante maternelle y reste une professionnelle de l’accueil individuel : les parents l’emploient directement, avec les mêmes droits et avantages que pour un accueil à domicile.
Une MAM n’est pas un établissement d’accueil collectif au sens du code de la santé publique : la réglementation des crèches ne s’y applique pas. La différence se lit dans l’organisation :
| Point | Assistante maternelle à domicile | Maison d’assistantes maternelles | Crèche |
|---|---|---|---|
| Lieu | Le domicile de l’assistante maternelle | Un local dédié, partagé | Un établissement |
| Adulte de référence | Une seule personne | L’assistante maternelle employée, relayée au besoin par ses collègues | Une équipe |
| Groupe d’enfants | Quelques enfants | Jusqu’à 20, d’âges mêlés | Variable selon la taille de l’établissement |
| Employeur | Les parents | Les parents | Le gestionnaire |
La MAM se situe ainsi entre les deux : le lien individuel de l’accueil chez une assistante maternelle, la vie de groupe d’une structure. La crèche familiale, autre façon d’être accueilli chez une assistante maternelle, fait le chemin inverse.
Combien d’adultes et d’enfants
Le guide « Créer une maison d’assistants maternels » donne les plafonds :
- de 1 à 6 assistantes maternelles dans une même MAM ;
- 4 au plus qui accueillent des enfants en même temps ;
- 20 enfants au maximum présents simultanément ;
- dont 16 de moins de 3 ans, chaque assistante maternelle ne pouvant en accueillir plus de 4.
Chaque professionnelle est agréée par la protection maternelle et infantile (PMI) du département pour exercer dans cette MAM précise. L’agrément fixe le nombre d’enfants qu’elle peut accueillir, après un contrôle de ses antécédents judiciaires et une évaluation du local, du projet d’accueil et de la capacité à travailler en équipe.
Une référente pour chaque enfant, et la délégation
Dans une MAM, l’enfant n’est pas confié au groupe. L’assistante maternelle que ses parents emploient est sa référente : c’est elle qui l’accueille, qui échange avec les parents et qui assure la stabilité dont il a besoin. Le guide parle de sécurité affective, nécessaire à son développement.
La délégation d’accueil permet à une collègue de prendre le relais : pendant une absence ou une formation, tôt le matin, tard le soir, ou pour une activité par tranche d’âge.
Elle a deux limites fixées par le code de l’action sociale et des familles. Aucune assistante maternelle ne peut accueillir plus d’enfants que son agrément ne le prévoit. Chacune doit assurer les heures d’accueil prévues par ses contrats. L’assistante maternelle qui délègue reste responsable de l’organisation et de la continuité de l’accueil.
Ce qui change pour l’enfant
Les pleurs au moment de la séparation, le matin, sont le premier signe que les parents observent. Ils sont attendus pendant la période de familiarisation, que le guide décrit comme un temps d’échanges fréquents entre parents et assistante maternelle, puis réguliers pendant tout l’accueil. Préparer la première journée suit la même logique qu’à domicile.
La nouveauté tient au groupe. Les nourrissons et les plus grands se côtoient, dans un petit groupe d’âges mêlés, et l’organisation doit respecter le rythme de chacun pour le sommeil comme pour les repas. Si une difficulté de sommeil ou de repas persiste au-delà de la familiarisation, c’est avec la référente qu’elle se travaille d’abord, parce qu’elle voit l’enfant toute la journée.
Tôt le matin, tard le soir, la nuit
La délégation d’accueil sert aussi aux horaires décalés ou atypiques, tôt le matin et tard le soir, selon le guide : les assistantes maternelles peuvent se relayer pour couvrir une amplitude plus large que celle d’une seule personne. Les horaires réels de chaque MAM dépendent de son organisation et des agréments.
Une MAM qui héberge des enfants la nuit dispose de locaux de sommeil au sens de la sécurité incendie. Elle est alors classée établissement recevant du public de 4e catégorie, et la visite de la commission de sécurité est obligatoire. Une MAM sans accueil de nuit relève le plus souvent de la 5e catégorie, où cette visite n’est pas systématique.
À la visite : ce qui se regarde
Le guide recommande deux documents que la MAM présente aux parents : le projet d’accueil, rédigé en commun par les assistantes maternelles, et une charte de fonctionnement, qui explique la délégation et ses limites. Ils permettent de vérifier, avant de signer :
- qui sera la référente de l’enfant, et qui la relaie quand elle est absente ;
- comment s’organisent les arrivées, les départs et les horaires ;
- où dorment les enfants, et comment le rythme de chacun est respecté ;
- quelles sorties et activités sont prévues, au relais petite enfance ou au jardin public ;
- comment se passent les échanges avec les parents pendant la familiarisation.
Chaque assistante maternelle d’une MAM est titulaire d’un agrément délivré pour exercer dans cette MAM, avec un nombre d’enfants précis. Le relais petite enfance ou la PMI du département renseignent les parents sur les MAM du secteur et sur les règles qui s’y appliquent.
Sources
- Ministère des Solidarités, guide « Créer une maison d’assistants maternels », février 2026
- Code de l’action sociale et des familles, articles L424-1 à L424-7
- Code de la santé publique, article L2324-1
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